Au delà de la pure planéité !

7 avril 2010 par Artysplash Laisser une réponse »

Le sentiment d’achèvement du tableau conjugué à une surface « en perspective plane » composera ce que j’ai appelé Le retour à une forme d’équilibre et de perspective.

L’impression d’une surface « en perspective plane » dans les drippings de Pollock inscrira celui-ci dans une tradition renouvelée d’équilibre et d’unité de la toile. Au-delà de la pure planéité prônée par le critique du formalisme Clement Greenberg, la profondeur et le volume réapparaîtront de façon détournée au travers des écheveaux, entrelacs et maculatures de couleurs.

Au delà de la pure planéité

Réduisant les tableaux à un spectacle visuel, Clement Greenberg interprétera l’abstraction américaine comme une manifestation de la planéité :

« L’essence irréductible des arts picturaux consiste exclusivement en deux conventions ou normes attributives : la planéité et la détermination de la planéité.[1] »

Pour Greenberg, la planéité aurait eu parfois pour effet pervers l’insistance exclusive sur le médium comme chez Hans Hofmann qui « laisse trop la couleur prendre les décisions. »

Hans Hofman, Autumn Gold

L’absence de toute distinction entre l’abstraction et la figuration, la disparition de la profondeur seront les deux autres effets.

Si les drippings de Pollock semblent répondre au canon posé par Greenberg, un examen plus approfondi mettra toutefois en évidence une certaine profondeur que Greenberg reconnaîtra par la suite. C’est que je m’efforcerai d’analyser dans mon prochain billet !


[1] Clement Greenberg, « After Abstract Expressionism », Art International, 25 octobre 1962, GREENBERG IV, p. 131.

Related Posts with Thumbnails
Publicité

Laisser un commentaire

*