Clin d’œil impressionniste et expressionniste

28 janvier 2010 par Artysplash Laisser une réponse »

En travaillant sur la couleur, je ne pouvais manquer de visiter la belle exposition « Fauves et expressionnistes, de Van Dongen à Otto Dix, chefs d’œuvre du musée Von der Heydt » du musée Marmottan Monet sis au 2, rue Louis-Boilly Paris 75 016. Pour ceux qui seraient tentés d’y faire un tour, elle reste ouverte jusqu’au 20 février 2010.

Je n’ai pas pu résister à la tentation d’aller voir les collections permanentes dédiées aux peintres impressionnistes dans un mobilier pour l’essentiel d’époque Louis XVI et surtout Empire. Dans cet écrin, vous pourrez naturellement voir ou revoir, le célébrissime « Impression Soleil levant » peint par Monet en 1873. Rappelons que l’avènement des impressionnistes eut lieu lors de la première exposition des artistes indépendants en 1874 dans l’atelier du peintre et photographe Nadar pour finir avec la huitième exposition en 1886. Cinq artistes Monet, Degas, Pissarro, Renoir et Cézanne y exprimèrent leur volonté d’exposer et de vendre en dehors du marché officiel des salons et académies de peinture. Monet y exposa cette fameuse toile, devenue l’icône des  peintres impressionnistes.

Monet, Impression soleil levant

Leur style, leur touche furent très mal perçues à l’époque. Cette peinture choquait par l’absence de fini, sa nudité sans aucun vernis et surtout sans aucune portée dans le message. On ne pouvait la comparer à la peinture de salon dominante sous la troisième République. Pour être exposée sur des cimaises, cette dernière devait avoir un sens métaphysique, religieux ou encore mythologique. Lorsque l’on demanda à Monet le titre du tableau (qui n’en avait pas à l’origine), celui-ci répondit « Vous n’avez qu’à l’appeler Impression » – ce qui donna le nom de l’exposition et du mouvement.

Cette nouvelle manière de peindre cristallisa la disparition du sujet dans la peinture, le dépassement de la peinture de paysage par son traitement c’est-à-dire par la lumière et la peinture sur le motif. Cette idée d’impression recela surtout une façon nouvelle de peindre  le ressenti c’est-à-dire ce que le peintre recevait ou percevait  du paysage. Lorsque  le moscovite Wassily Kandinsky vit pour la première fois La meule (dont une des versions est exposée aujourd’hui au musée Marmottan), ce fut un choc et un déclic pour l’artiste. Ce fut cette toile qui déclencha sa vocation de peintre abstrait.

Faut-il encore rappeler la fortune critique des Nymphéas considérés aujourd’hui comme les premiers all-overs de l’histoire de la peinture !

Monet, Nymphéas

Retour sur les chemins de l’expressionnisme avec Die Brücke (le Pont) à Dresde et Der Blaue Reiter (Le cavalier bleu) dans la capitale bavaroise Münich ! L’exposition scénarise les principaux jalons d’un mouvement qui s’inscrivit dans les pas du fauvisme français. Rappelons que le terme expressionnisme a été employé la première fois pour désigner Die Brücke, le groupe pionner du mouvement expressionniste allemand. Spécifiquement germanique, l’expressionnisme stigmatisa la scène culturelle allemande jusque tard dans le milieu du XXème siècle avec les toiles tourmentées et inquiétantes de Max Beckmann.

Bien avant Beckmann, toutes les œuvres expressionnistes allemandes  eurent en commun l’explosion de la couleur, arbitraire et subjective. Celle-ci fut le substrat créatif d’un art de scandale et de dénonciation des valeurs bourgeoises qui menèrent à la guerre, la première mais aussi la seconde. Aussi, le parti pris muséal du commissaire de l’exposition  a-t-il été de l’organiser autour de thématiques chères aux expressionnistes allemands comme celle du paysage intériorisé avec de belles œuvres de la période munichoise de Kandinsky, d’Erich Heckel mais aussi de l’artiste fauve français Raoul Dufy et sa vue de port normand. Un primat tout particulier a été conféré avec bonheur, au culte du primitivisme, à celui de  l’accord de l’homme avec la nature et la nostalgie des origines avec Ernst Ludwig Kirchner et ses célèbres baigneuses ou encore Max Pechstein et Emil Nolde. Vous pourrez également admirer un beau nu féminin de Kees Van Dongen.

Kees Van Dongen, Nu féminin, 19O6

Enfin, la dénonciation des temps modernes avec encore Max Beckmann et une vue de la gare dans le quartier de Gesundbrunnen de 1914 y cotoie toujours et encore un monde trouble  où beauté et laideur alternent et accusent un goût prononcé pour le monstrueux. Regardez-bien la lithographie en couleur d’Otto dix de 1923 Leonie ou encore l’huile sur toile de 1922 du même artiste A la beauté.

Otto Dix, A la beauté (1922)

Est-ce bien de laideur ou de vérité dont il s’agit ?

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2 commentaires

  1. Jérôme dit :

    l’impressionnisme, je nage en plein dedans à cause de mes cours d’arts appliqués pour mon CAP photo. C’est vrai que la technique de Monet fut révolutionnaire à l’époque !

  2. Artysplash dit :

    Oui, c’est un vrai bonheur que la peinture impressionniste. Songez comme elle fut mal reçue à son époque et que les impressionnistes, au début tout au moins, ne pouvaient vivre de leur art. Bien avant les français, ce sont les américains qui en ont été les premiers acquéreurs. Nul n’est prophète dans son pays ! Bon épanouissement dans vos cours !

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