Giorgio de Chirico, un artiste « décalé » voire régressif vers la fin de sa vie

6 janvier 2010 par Artysplash Laisser une réponse »

Bonjour, je vous livre aujourd’hui l’épisode ultime consacré à au cerveau de l’enfant de De Chirico.

De Chirico un artiste en perte de vitesse, voire en régression par rapport à son œuvre et à son temps

L’œuvre au regard sa propre carrière : vers un abandon de sa peinture métaphysique

Devenu une icône des surréalistes par le biais du cerveau de l’enfant, le premier De Chirico sera encensé comme le chantre du mouvement. Alors que ce dernier est en voie de constitution, il peint précisément dans les années 1919/20 ses derniers tableaux de la période métaphysique.

Dénoncé comme renégat, la polémique avec les  surréalistes n’exerça toutefois guère d’influence sur De Chirico dont la singularité d’esprit et le sens de la dérision surprirent nombre de ses détracteurs.

Dans la mouvance du retour à l’ordre européen en réaction à la crise provoquée par la 1ère guerre mondiale et à la démobilisation des avant-gardes, De Chirico opéra un revirement soudain, reniant sa production antérieure au profit d’ une peinture à la thématique et à la facture néoclassique. Il retourna même dans les années 1930 aux thèmes mythologiques et à une peinture néo baroque peuplée de chevaux, de natures mortes et de portraits.

Ses autoportraits, sont significatifs d’une posture nettement polémique contre ce qu’il appellera « l’esprit moderne ». Ils sont nombreux et entendent montrer la maestria,  la maîtrise de la belle technique et du métier. à l’encontre d’André Breton et à ses détracteurs déçus par ce passage à un style où ils considèrent que l’artiste a perdu le génie de ses débuts.

    A l’instar des déguisements et travestissements incessants et grotesques de Rembrandt, De Chirico se met en scène avec un sens de l’humour et un goût de la vérité dépassant le simple narcissisme.

    Autoportrait, Galleria Nazionale d’arte moderna, Rome (1925)

    L’autoportrait au costume de seicento (1947) au regard ironique et mystérieux et correspondant à l’installation définitive de De Chirico à Rome, ira jusqu’à démontrer une volonté d’auto dérision, de peinture canular alliée à une mise en scène avec un goût pour la ruine et le costume ancien.

    Dans ses œuvres plus récentes, il reprendra de façon quelque peu répétitive les thèmes de sa période métaphysique, s’intéressant aussi à la sculpture à partir de 1968 où il transposera le même répertoire iconographique.

    L’œuvre au regard de la période : la postérité de De Chirico

    De Chirico

    A l’heure où la phrase de Duchamp prononcée en 1915 sonnera le glas de la peinture classique de chevalet, De Chirico s’inscrit déjà en faux et en rupture par rapport à ses contemporains.

      Artiste rebelle aux influences de la touche divisée du néo impressionnisme ou encore à celle de couleur pure et arbitraire des fauves, il était dès le début en décalage.

      En 1914, De Chirico peignit le cerveau de l’enfant à Paris, capitale artistique en ébullition,  se contentant d’observer le cubisme synthétique de Braque et Picasso et de leurs suiveurs, le groupe de Puteaux.

        En contraste avec le mouvement futuriste italien, on est frappé par le sens aigu de l’immobilisme qui s’attache au cerveau de l’enfant et à sa période métaphysique. De Chirico exercera néanmoins une influence considérable sur le peintre futuriste Carlo Carrà qui sera plus tard l’autre grand artiste à représenter la peinture métaphysique.

        Cependant après 1914 l’œuvre de De Chirico aura une ascendance déterminante :

          *sur les créations des artistes dadaïstes tels que George Grosz, Raoul Schlichter, Otto Dix, Max Ernst

          *puis sur les artistes de la Nouvelle objectivité [apparaissant à Berlin et à Dresde en 1918 en réaction à l’abstraction et à l’expressionnisme]tels que Georg Schrimpf jusque dans l’œuvre d’Oskar Schlemmer

          *enfin sur les artistes surréalistes déjà cités comme René Magritte, Salvador Dali et Yves Tanguy.


          Au terme de cette analyse et de ces séries d’interprétation cherchant à en saisir la signification, Le cerveau de l’enfant apparaît conserver par devers lui son caractère énigmatique. Ce dont on peut être sûr, c’est que ce tableau dévoile clairement la singularité d’un artiste, demeuré étranger aux autres comme à lui-même.

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          1. Mathieu dit :

            Il devait chercher la pureté de l’œuvre accomplie. Les neoclassiques étaient nombreux à cette époque y compris en musique avec Prokofiev notamment. Ce n’est pas toujours synonyme de régression.

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