La couleur du point de vue physiologique et psychologique

13 janvier 2010 par Artysplash Laisser une réponse »

Après  la couleur appréhendée du point de vue optique et du pigment, je vous présente aujourd’hui le troisième volet consacré à cet aperçu général sur les théories de la couleur.

Nonobstant la valeur des analyses scientifiques de la couleur du point de la lumière et des pigments picturaux, on ne saurait se contenter de telles analyses pour analyser  la couleur en sa totalité, en particulier dans les œuvres d’art.

Il vaut d’abord de remarquer que des physiologistes et biochimistes anglais ont réussi à montrer, au milieu du XXè siècle, que la rétine humaine possède trois sortes de cellules photosensibles – les cônes – qui contiennent des pigments capables d’absorber en priorité la lumière bleue, la lumière verte et la lumière rouge.

Dans son Traité de la couleur publié en 1810, Goethe perçoit dans les couleurs des qualités sensuelles. De ce point de vue, le philosophe et poète allemand entend faire jouer un contraste élémentaire entre le clair et le foncé. Par exemple, le jaune serait proche de la lumière et le bleu de l’ombre. Lumière et clarté serait les deux pôles entre lesquelles toutes les couleurs se laissent ordonner. Un tel contraste, typique du Sturm und Drand allemand, se retrouve en musique à cette époque (voir le dernier Haydn, Mozart, Beethoven).

Bien que Goethe fut critique de Newton, il apparaît que leurs points de vue sont plus complémentaires que contraires, Goethe plaçant le sujet au centre de sa théorie.

L’observation des ombres colorées n’était pas, il est vrai, en art chose nouvelle. Durant la renaissance italienne au début du XVIè siècle, Léonard de Vinci, avec sa célèbre technique du sfumato, y a été sensible. Même des scientifiques, comme Buffon au XVIIIè siècle, avaient observé de telles ombres au lever et au coucher du soleil. Il reviendra aux impressionnistes de faire valoir davantage de telles ombres ainsi que leur rapport à la lumière environnante.

Léonard de Vinci, la Vierge, sainte Anne et l’enfant (Louvre)

Sous ce rapport, on ne pourra évidemment manquer de citer Chevreul, chimiste français, directeur du département des teintures à la manufacture des Gobelins au XIXè siècle. On retiendra notamment de lui, sa théorie des contrastes simultanés d’après laquelle chaque couleur est perçue différemment selon son environnement. Chaque couleur fournit à sa voisine une partie de sa complémentaire. Il y énonce deux principes fondamentaux qui influenceront beaucoup les impressionnistes, les peintres pointillistes et le cubisme orphique de Delaunay : « Lorsque l’œil perçoit en même temps deux couleur avoisinantes, elles paraissent aussi dissemblables que possible, tant du point de vue de la composition optique que de leur valeur tonale. » Et encore : « Dans l’harmonie des contrastes, la composition complémentaire est supérieure à toutes les autres. »

Delaunay, Joie de vivre

Pour le successeur de Chevreul, Charles Blanc, il s’ensuit que les complémentaires opposées s’éclairent mutuellement et que les  couleurs non complémentaires paraissent « salies » (par exemple, un jaune placé près d’un vert prend une nuance violette.)

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