La peinture acrylique et les peintres abstraits américains

17 février 2010 par Artysplash Laisser une réponse »

Je poursuis mon odyssée dans les modes d’expression de la couleur en abordant aujourd’hui plus spécifiquement les qualités de la peinture acrylique et son influence chez nombre de peintres abstraits.

Les qualités de la peinture acrylique

Le succès remporté par la peinture à l’acrylique s’expliqua incontestablement par le grand nombre d’avantages que cette peinture possède par rapport à la peinture à l’huile, à l’aquarelle ou encore à la gouache (je consacrerai un billet sur ces techniques). Ses inconvénients (absence de fondu des couleurs, de  « mélange dans le frais » et de demi-teinte) sont toutefois corrigeables par l’adjonction de produits tels que des gels et médiums épaississants ou fluidifiants.

La peinture acrylique est surtout appréciée par son extraordinaire souplesse d’utilisation et sa facilité de dilution et de fluidité. Elle possède :

  • Une gamme de couleurs presque aussi riche que l’huile ;
  • Une élasticité lui permettant de résister à des conditions atmosphériques extrêmes ;
  • La possibilité d’effectuer tant des couches minces chromatiques que des empâtements entraînant une variété des effets de matière ainsi que celle de repeints – l’opacité de l’acrylique permettant de rattraper toutes les erreurs ;
  • Les possibilités d’effectuer des lavis de couleurs translucides et des glacis ;
  • Un pouvoir adhésif permettant l’usage de techniques mixtes qui mettent en valeur les jeux sur la texture et la surface ;
  • Une grande variété de supports ;
  • Et surtout un séchage rapide permettant une exécution quasi immédiate.

Toutes ces qualités expliquèrent la parfaite adéquation de l’acrylique avec la facture des expressionnistes abstraits comme celle de Jackson Pollock et son ascendance chez les artistes du Pop art, de l’Op art, de l’ « hard edge » avec Frank Stella, adeptes de couleurs synthétiques à base de résines thermoplastiques comme les peintures de carrosserie, émaux et diverses peintures industrielles. Frank Stella comme Ellsworth Kelly, peintres des années soixante de la cote ouest des Etats-Unis peuvent être considérés comme les descendants de Pollock. Leurs facture s’en distingue par une touche volontairement impersonnelle, des zones de couleur clairement délimitées avec une attention particulière donnée à la précision et à l’acuité du geste ainsi qu’à la luminosité des couleurs.

Frank Stella, Hyena Stomp (1962)

Huile sur toile
195,6 x 195,6 cm (châssis: 198,2 x 198,1 x 9,1 cm)
Tate Collection

Ellsworth Kelly, Broadway (1958)

Huile sur toile
198,2 x 176,7 x 2,8 cm

Tatecollection

On comprend, dans ces conditions, que Jackson Pollock :

« [p]référait le pinceau du peintre en bâtiment au pinceau des beaux-arts […]. Il pouvait faire ce qu’il voulait avec. Et puis à un moment donné, il a demandé à la société Du Pont de fabriquer des peintures tout spécialement pour lui, ainsi que des diluants spéciaux, qui n’étaient pas à base de térébenthine. »

L’usage de la peinture à l’huile ne fut pas l’apanage exclusif de la première période figurative de Pollock comme l’acrylique qui ne fut pas l’apanage exclusif des drippings. A l’instar de sa phase classique des drippings, il passait à tout moment d’une technique à l’autre et alternait constamment peinture à l’huile et peinture acrylique.

Mais n’est-ce pas le propre des grands artistes d’expérimenter continuellement, de passer d’une technique à une autre, d’un style à un autre?

Mon billet de demain portera plus spécifiquement sur le jeu sur la matière effectuée par Pollock.

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  1. anonyme dit :

    bonjour, je cherche des informations quant à la technique de Sam Francis, quels médiums, quels peinture….auriez vous ces sources d’informations. Merci si vous pouviez me contacter via mon email. PL

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