La querelle du coloriste

19 janvier 2010 par Artysplash Laisser une réponse »

Avant de revenir aux qualités spécifiques de la couleur,  voici un petit rappel sur « la querelle du coloriste ». Elle n’eut de cesse d’agiter les artistes. Elle montre bien combien le combat entre la ligne et la couleur perdura depuis la tradition jusqu’à nos jours.

Je mesure combien il peut être délicat de traiter dans un billet un sujet aussi central chez les artistes. Mon propos n’est pas exhaustif, il est brossé à grands traits. Les nuances se feront lorsque j’aborderai le travail de certains artistes plus précisément.

Comment, d’abord, ne pas évoquer l’opposition entre les tenants du dessin classique, les « poussinistes » incarnés par Poussin, Le Sueur et Lebrun et les coloristes, les « rubinistes » représenté par Rubens, le grand maître baroque avec le primat accordé à la couleur et à la peinture. Ce fut finalement la poétique coloriste qui l’emporta au XVIIIème siècle avec ce que le théoricien Roger de Piles appelait le « tout ensemble »

Dans cette querelle du coloriste, il peut être intéressant de comparer :

  • le portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud (1701, musée du Louvre). Le tableau  relève plutôt de l’école classique du dessin enseigné depuis la Renaissance dans les académies de peinture  comme celle d’ Hannibal Carrache au début XVIIème siècle  jusqu’aux artistes membres de l’académie française de peinture et de sculpture créée par Louis XIV en 1664.

Hyacinthe Rigaud, portrait de Louis XIV

  • Et le portrait  de La belle strasbourgeoise (1703, Musée des Beaux-Arts de Strasbourg) par Largillière, non sans rappeler les tons fusionnés de Watteau dans « l’assemblée dans un parc » (Louvre). Vous le constatez aisément les couleurs ne s’y juxtaposent pas sous l’ordonnance sous-jacente d’un dessin.

Nicolas de Largillière, La belle strasbourgeoise

J’ai bien conscience que le rendu d’un cliché ne rend qu’imparfaitement la réalité artistique d’une oeuvre d’art. Le primat de la couleur sera peut-être plus perceptible chez Watteau,  artiste que j’affectionne particulièrement.

Watteau, assemblée dans un parc

Cette querelle se prolongea naturellement au XIXème siècle avec les partisans d’Ingres et ceux de Delacroix.

Faut-il encore citer au XXème siècle l’opposition entre Matisse et Picasso, sous certaines réserves que je ne développerai pas ici !

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