La signification des lignes

25 janvier 2010 par Artysplash Laisser une réponse »

Je vous avais promis un billet sur la signification des lignes théorisée par les fondateurs de l’art abstrait. C’est un thème tout aussi central que la couleur pour appréhender l’art moderne et l’art abstrait :

Rappelons-nous le contexte artistique de cette dernière moitié du XIXème siècle,  creuset créatif sans précédent ! Il cristallisa en France et en Europe une extraordinaire accélération des avant-gardes figées jusqu’alors par l’ académisme dominant des salons et écoles officielles des Beaux-Arts. La période est fort éclairante car elle contient en germe tous les ferments de l’art abstrait. Ce dernier apparaît avec Kandinsky et sa première aquarelle abstraite de 1912 ! autant dire qu’avec Duchamp et sa fameuse formules« l’art est mort » lancée dès 1915 ou encore « ce sont les regardeurs qui font l’œuvre », l’art contemporain en garde toujours les traces. A-t-il évolué depuis ? la question reste toujours ouverte.

Les deux principaux phénomènes de rupture dans la première moitié du XXème siècle consisteront d’abord en une rupture par la couleur avec le fauvisme et Henri Matisse puis dans une rupture par la forme avec le cubisme et Picasso.

S’il est vrai que l’impressionnisme, le néo-impressionnisme mais aussi Gauguin, Van Gogh et Paul Cézanne furent les sources premières du fauvisme avec la théorie des la couleur (et des formes pour Cézanne) , le jeu des lignes a été un apport tout aussi décisif.

Déjà chez les pointillistes, l’orientation des lignes courbes, obliques ou diagonales suggère très visiblement le climat des œuvres.

Seurat, Parade

Certains commentateurs de l’époque avaient déjà relevé avec justesse deux types de lignes employées par les artistes du mouvement :

  • Les lignes dynamogéniques gaies c’est-à-dire les lignes orientées gauche-droite, vers le haut du tableau ; Leur fonction est de dynamiser et de caler la composition en tant qu’éléments moteurs.

Observez-le aussi dans le cirque !

Seurat, le cirque

  • Les lignes inhibitoires tristes qui sont des lignes descendant vers le bas du tableau. Elles suggèrent des impressions de mélancolie et de tristesse.

Regardez-le une fois encore dans Parade, vous verrez que cela est bien visible !

Ce jeu des lignes se retrouvera notamment chez les fauves et chez Kandinsky qui le théorisera formellement dans Point, ligne, plan de 1925.

Exercez-vous à le relever dans les œuvres d’art ! et peut-être conviendrez-vous avec moi que l’orientation des lignes d’une composition peut avoir un effet considérable sur l’affect ou la sensibilité du regardeur.

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