Le geste au lieu et place du contour

25 février 2010 par Artysplash Laisser une réponse »

Le geste au lieu et place du contour

L’art de Jackson Pollock demeure indissociable de sa gestuelle qui sera qualifiée d’Action Painting par Harold Rosenberg, chantre de « l’existentialisme » américain. Une tel le dénomination met l’accent sur l’acte de peindre (en train de peindre) plutôt que sur le résultat qui y met un point final.

Jackson Pollock, action paintingPollock, Action Painting

Expression de son énergie pulsionnelle, le geste spontané est, par nature, non appris. Il prolonge au-delà de toute mesure la sensation et l’émotion que ressent l’artiste à la vue de la couleur qui avait déjà fortement commencé à troubler sa vie intérieure.  Ainsi que l’écrit non moins justement Harold Rosenberg,

« La spontanéité exprime la volonté d’atteindre un état subjectif plus profond que celui qui résulterait de la réflexion.[1] »

Sur la toile posée au sol, le geste du peintre se déchaîne en série, voire en cycle. Les moments de recul, de calme, deviennent ici l’exception et non le principe. On a l’impression d’une compulsion frénétique, rappelant non seulement le jazz mais aussi la musique de Stravinsky émancipant le rythme de façon tout aussi paroxystique.

Sur les toiles de Jackson Pollock, la répétition, la superposition, l’emmêlement, l’enchevêtrement des lignes et des contours, s’opéreront de façon aussi explosive que dynamique.

La couleur, sous forme de lignes plus ou moins étalée dans les drippings, sera comme portée par le geste, proche de l’ivresse, échappant à toute tutelle.

Mon prochain billet, toujours dédié au geste pollockien, portera sur les effets de l’infirmité créative de Pollock avec la main qui échappe à l’œil.


[1] Cité par Elizabeth Lièvre-Crosson, in De l’impressionnisme à l’expressionnisme, Les Essentiels Milan, France, p. 50

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