Mondrian – De Stijl II

21 décembre 2010 par Artysplash Laisser une réponse »

Mondrian, reconstitution de l'atelier

Comme promis, voici la deuxième partie de mon billet se rapportant à la rétrospective consacrée à Mondrian pour l’essentiel (c’est un choix délibéré) et De Stijl.A partir de 1920, commence la troisième période de Mondrian (ou sa seconde période « parisienne »). Elle annonce une production nouvelle de l’artiste dans un esprit de rupture. Débuteront vingt années d’expérimentations durant lesquelles Mondrian exploite en de subtiles variations le thème de l’orthogonalité et la construction en lignes horizontales et verticales. Sa manière de peindre est précise, radicale et rigoureuse.

Mondrian, N° VI/ Composition n° II, 1920, Londres, Tate

Le groupe formé par les compositions ABC inaugure ce style: N° VI/ Composition n° II (1920, Londres, Tate) comporte des zones de couleur compactes délimitées en plans géométriques colorés et des lignes n’allant pas jusqu’au bord de la toile. Cette subtile incomplétude donne à l’œuvre un souffle de légèreté. Les œuvres géométriques de Mondrian sont apparemment sévères, mais un œil sensible devine le rythme et l’harmonie. On y retrouve le goût de Mondrian pour le jazz et ses temps syncopés.

Dans les années 1930, les compositions de type all over, en croix et en touche de couleur rejetée à la périphérie, nourriront sa ferveur créatrice. En 1939, Mondrian renoue encore avec la capacité dynamique du carré sur la pointe (losange).

Avec une telle orientation, l’artiste hollandais réintègre sa perception de l’espace par la ligne et la couleur au bénéfice ultime de la couleur. Ce dilemme agita les artistes comme Rubens et Poussin au XVIIème siècle. Il rebondit avec la « querelle du coloriste » au XVIIIème siècle, reprise entre Delacroix et Ingres au XIXème siècle, puis p avec Matisse et Picasso au XXème siècle.

Mondrian, composition en rouge, bleu et blanc : II, 1937, centre Beaubourg

Les compositions en double ligne et en barreaux d’échelle à l’instar de Composition en rouge, bleu et blanc : II, 1937 (Paris, centre Pompidou) apportent une touche de liberté avant son départ pour Londres et  New York. New York city (1942, centre Pompidou) clôt l’exposition. La ligne constituée de bandes de couleur juxtaposées est devenue couleur clignotante, rappelant les rues de New York vues dans haut et la musique du bip-bop que Mondrian affectionnait tant. Ce n’est qu’à  New York que Mondrian obtiendra la reconnaissance de ses pairs. Son œuvre exerça une influence certaine sur les tenants de l’expressionnisme abstrait comme Jackson Pollock. Mondrian eut toutes les difficultés à vivre de son art à Paris. Son abstraction géométrique apparut peut-être un peu trop rigoureuse (calviniste) au regard des avant-gardes parisiennes plus soucieuse de surréalisme, de futurisme et de désir affiché. Trop novateur ou trop radical dans ce contexte ?

Le second volet de la rétrospective fait dialoguer Mondrian avec ses homologues hollandais de De Stijl. Mondrian théorise l’abstraction géométrique avec le néo plasticisme ; Théo Van Doesburg, Gerrit Rietveld ou encore Bart Van Der Leck révolutionnèrent au même moment les arts décoratifs et l’architecture. L’œuvre d’art total devait annoncer un monde nouveau où chaque élément devait fusionner avec l’ensemble. Leur visée est sociale.

Rietveld, chaise rouge-bleu, 1918

La chaise rouge-bleu créée en 1918 par Gerrit Thomas Rietveld est une icône dans le design. A suivre l’exposition, on peine à établir les influences réciproques des artistes : l’espace berlinois, la « Composition espace-temps » déployés par Vilmas Huszar et Gerrit Thomas Rietveld en 1923 à Berlin, l’atelier de Mondrian à Paris, sont reconstitués à deux endroits différents et isolés de l’exposition. Durant une grande partie de sa carrière, Mondrian privilégia la planéité en ne réalisant que peu de projets de décors à l’exception notable – et c’est une grande surprise ! – de ses lieux de vie où table, lit, chaises, bureau, murs etc déployaient en 3D ses principes artistiques.

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2 commentaires

  1. Vence dit :

    Vous pouvez trouver un article sur l’exposition au centre Pompidou de Stijl/Mondrian sur http://blog.paris3e.fr/post/2011/01/14/De-Stijl

  2. Artysplash dit :

    Merci pour ce complément d’information. Votre article sur De Stijl m’a tout à fait captivée. Au plaisir de vous lire lors d’une prochaine exposition…

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