The deep

21 janvier 2010 par Artysplash Laisser une réponse »

Je vous livre aujourd’hui mes impressions sur le processus de création d’une toile d’un artiste Jackson Pollock, un des maîtres de l’expressionnisme abstrait et assez grand coloriste. Ce tableau m’a touchée car il garde une place à part dans l’œuvre de l’artiste. Vous pourrez aller le contempler à loisir au musée national d’art moderne de Beaubourg.

The deep (1953) MNAM

Huile et émail sur toile

220, 4 x 150, 2 cm

Musée national d’Art moderne, centre de création industrielle

Centre Georges Pompidou, Paris

Si vous aimez la peinture de Jackson Pollock, vous conviendrez aisément que celle-ci  éclate de vitalité du moins dans sa période des drippings. Elle contraste avec la vie de l’artiste davantage vouée à l’auto destruction, à la répétition et au néant.

The deep de 1953 annonce en quelque sorte cette déchirure symbolique avec une inquiétante béance noire qui s’inscrit comme « un espace du dedans » dans une masse blanche. Sur une surface non apprêtée, Pollock commença par recouvrir d’une couche de peinture grise les esquisses d’une autre toile Ritual qu’il peignit la même année. Puis il peignit la toile au pinceau et y déversa une couche d’émail noir sur le tableau posé verticalement, s’aidant, dit-on, d’une seringue. Retournant le châssis, il appliqua alors des pigments blancs avec une telle vigueur que certains poils collés sont encore visibles. Oui, Oui, regardez-bien, vous le verrez aussi ! Effectuant ensuite une nouvelle rotation à l’horizontal, il déversa de la couleur à l’huile blanche et liquide qui traversa en entrelacs la fracture noire. Le jaune superposé par petites couches au blanc et jouxtant par moments le noir y crée une indécision optique autant qu’une pulsation. Le gris transparaît ponctuellement, tempérant par nature deux couleurs franches. Malgré leur infime proportion, les petites taches rouges colorées disséminées rayonnent sur un fond noir.

On a beaucoup discuté autour de la question du retour à la figuration incarné par The deep peu avant le décès accidentel de Pollock en 1956. Si l’œuvre est ambiguë, elle n’en reste pas moins exceptionnelle par sa luminosité. L’œuvre retrouve de façon multipliée l’irradiation naissante d’un de ses tableaux de sa première manière The Moon Woman cuts the circle de 1943.

The Moon Woman cuts the circle (v. 1943)

Huile sur toile

109, 5 x 104 cm

Musée National d’Art moderne (Beaubourg)

Finalement, peut-être conviendrez-vous avec moi que The deep renoue avec la vibration optique de ses drippings en distillant l’impression d’une totale dissolution de la matière en énergie !

Related Posts with Thumbnails
Publicité

Laisser un commentaire

*