Une peinture plus biologique que réflexive !

8 mars 2010 par Artysplash Laisser une réponse »

Ainsi que je l’avais annoncée dans mon billet précédent, je vous présente aujourd’hui ce que j’ai appelé une peinture plus biologique que réflexive. Ce billet s’articule avec mon article précédent une approche de la matière à ras de terre pour finir ce sous-chapitre dédiée à la rotation du haut du corps de 90 degrés.

Jackson Pollock, Life Magazine (1949)

Une peinture plus biologique que réflexive

Tombant en avant, le haut du corps de Jackson Pollock donne au rythme un battement accru. L’alternance des temps forts et des temps faibles qui caractérise tout rythme intensifie celui-ci « par des mouvements contraires », évoluant de haut en bas et de bas en haut presque « en cadence », comme dans une danse dionysiaque, ou, comme certains ont pu l’affirmer, comme celle rituelle des Indiens Navajos.

Tout palpite, à la limite de l’orgie, comme on le ressent dans Blue Poles Number 11 de 1952. Dans cette œuvre, s’inscrivent d’épaisses lignes bleues sur un fond drippé. On croirait entendre des « dilatations et contractions organiques, pulsations et respirations ». Certains artistes interpréteront le travail de Pollock comme une véritable scénographie qu’on retrouvera dans les Dance Diagrams d’Andy Warhol et les œuvres de Kazuo Shiriga du groupe Gutaï.

Jackson Pollock, Blue Poles Number 11

Andy Warhol, Dance Diagrams 3 (1962)

Dans un tel contexte, on comprend mieux que le sujet abstrait des toiles de Pollock est le corps de l’artiste en mouvement. Ce n’est pas seulement du défoulement, mais aussi le déversement du contenu du corps même, la position horizontale facilitant sans doute (comme un divan psychanalytique) l’atténuation des défenses conscientes de l’artiste presque jusqu’à leur abolition. Comme par un effet de contamination, seront déversées sur la toile des objets divers autant que les pulsions.

De nombreux tableaux de Pollock en portent témoignage, en particulier Full Fathom Five de 1947. Dans Number 10, 1952, les couleurs s’épanchent les unes sur les autres produisant un effet de salissures. Des jets de couleurs sorties directement du tube sont apposés en fort empâtement sur un fond informe de couleurs rabattues comme dans White light de 1954. Ce sont manifestement les reliquats que la surface plane appelle, et ce d’autant qu’elle est grande.

Jackson Pollock, Full Fathom Five

Jackson Pollock, White Light (1954)

A La rotation du haut du corps de 90 degrés répondra L’amplification dans l’esprit de l’horizontalité. Ce sera l’objet de mon prochain billet !

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